2011 en route vers la mort annonçée

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L’année écoulée aura eu le mérite de voir aboutir « par voie de force » les réformes promises et le recul social qui l’accompagne. Si on est tenté de croire qu’une certaine équité allait s’établir, on constate déjà que nous sommes loin du compte ; le fossé entre pauvres et riches  s’accentue ! Un grand nombre de travailleurs est lésé. Rappelez-vous : travailler plus pour gagner plus ? Désormais l’adage serait plus du style : travailler plus pour cotiser plus et diminuer ainsi les dépenses publiques de retraite.  En tout cas la soupape de sécurité que le travailleur frontalier pouvait actionnér en demandant un calcul de la retraite française à 60 ans n’existe plus. Il faudra donc impérativement trouver de nouveau, un maintien inconditionnel d’une allocation de chômage jusqu’à l’âge de la retraite belge (65 ans) ou une Allocation Equivalente Retraite à longue durée.  Mais n’oublions pas que celle-ci ne sera pas reconduite au-delà du  01 janvier 2011 puisqu’aucune discussion n’a eu lieu à ce sujet.  Cela me fait dire que c’est bien la première fois que nationaux et frontaliers subissent un traitement d’égal à égal ; on vous a vu dans les rues, mais la cécité faisant rage au sein du Gouvernement  les empêchent de vous voir, on vous a entendu mais l’otite générale nous a empêché de vous comprendre !   C’est de la même manière que l’approbation de l’Avenant s’est déroulée, ce qui me fait dire que la conception présidentielle de la démocratie participative est bien loin de la nôtre. Dans 365 jours, nous aurons disparus du paysage fiscal franco-belge.  Cette première année transitoire a déjà créé de nouvelles situations cocasses ; la Commission mixte s’est rendu compte qu’il y avait énormément de belges travaillant en France au sein d’institutions publiques et que ceux-ci n’auraient jamais du prétendre ni bénéficier du statut fiscal frontalier !  Les rectifications d’avis d’imposition pleuvent avec bien sûr effet rétroactif.  Ouf, enfin un traitement d’égalité entre frontaliers ?  Bien sûr que non, il n’y a pas de quoi se réjouir de tels redressements conséquents.  Au lieu de diminuer le nombre de litiges comme prétendu par la discussion parlementaire, ceux-ci sont forcément en augmentation. Surtout que l’Administration fiscale gardait un dernier atout en main : les délais de réclamation.   Si le travailleur frontalier en litige pouvait réclamer par envoi recommandé jusqu’au 01 juin 2010, l’Administration fiscale pourra, elle, distribuer ses petits cadeaux jusqu’au 31 décembre 2010 ! Cachet de la poste faisant foi.  Celle-ci ne manquera pas à sa tradition de fin d’année !

L’année 2011 sera aussi déterminante pour pérenniser son statut de travailleur frontalier fiscal ; en effet, il faudra avoir  travaillé au cours de l’année pendant au moins trois mois. Si ce critère n’est pas rempli, le travailleur perdra définitivement son statut.  Croisons les doigts, afin de ne pas être confrontés à de nouvelles restructurations, licenciements collectifs et dépôts de bilan légion tout au long de cette année écoulée.  Bon ne soyons pas pessimiste ; elle nous réservera peut être de belles surprises cette année 2011 au travers d’une réussite scolaire des enfants, d’une réussite professionnelle, d’une sérénité familiale sans faille, un bonheur au quotidien, … que demander de plus ?  C’est donc par des mots de réconfort que  je clôture le dernier édito de l’année 2010 ; que cette Année 2011 puisse vous apporter toutes les choses belles et simples qui suffisent au bonheur. 

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